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Quelle est l'origine et l'histoire de la pierre noire de la Kaaba? Priére ne répondre que si vous le savez vraiment ?

je te livre des extraits d'un article extrêmement intéressant dont je laisse le lien au cas où tu voudrais le lire en totalité :
«La Ka'ba mecquoise fut édifiée à une époque indéterminée, peut-être vers la fin de la période romaine. Ptolémée, géographe grec alexandrin du IIe siècle apr. J.-C., connaît la ville sous le nom de Macoraba. Ce nom, d'origine sémitique certaine, signifie probablement le « lieu du sanctuaire » pour indiquer que s'y trouve ? comme ailleurs en Arabie ? un espace sacré, porteur de divers « interdits », autrement dit un haram. Du fait de son étymologie qui ramène par inversion au mot baraka, le nom ptoléméen de Macoraba suggère que ce lieu sacré ait été relié à la présence d'une eau pérenne, qui se serait conservée durant les périodes de pire sécheresse, dans un ou dans plusieurs puits. La baraka combine en effet la notion de bénédiction avec celle de la présence d'une eau d'origine pluviale, condition essentielle de survie pour les populations de ces zones arides.

Quant à son apparence primitive, la Ka?ba apparaissait probablement au départ comme un simple enclos de pierres sans toit, édifié à proximité immédiate du point d'eau salvateur au fond d'une vallée sèche et non arborée. Sa construction dans ce lieu insolite signalait manifestement déjà une intention cultuelle et confirmait son caractère d'espace sacré.

Pointant par ses angles vers les points cardinaux, l'enclos sacré primitif, ébauche du cube actuel, aurait eu pour fonction de servir de support fixe à des roches sacrées. Il s'agissait sans doute qu'elles ne fussent pas emportées par les eaux lors de la submersion du site qui intervenait de loin en loin. En effet, cet enclos sacré qui faisait certainement déjà l'objet d'un rituel de pèlerinage se terminant par un sacrifice, se tenait, comme il est demeuré aujourd'hui, au plus bas de la cité. Celle-ci, traversée de ravines profondes entre des hauteurs abruptes, situe la Ka?ba dans le lieu de confluence de plusieurs vallées sèches. L'actuelle urbanisation forcenée du site, hérissé de palais princiers ou de gratte-ciel, ne parvient pas à masquer cette configuration particulière du terrain.

Selon le régime bien connu des oueds, ce bas-fond que les textes anciens nomment de façon significative le « ventre » de La Mecque était temporairement et périodiquement inondable, avant que des grands travaux récents de canalisation ne mettent le site à l'abri de cet inconvénient. Ce n'en était pourtant pas un à l'origine, car l'eau provisoirement débordante approvisionnait les puits locaux et assurait l'abondance persistante de leur eau. Le flux submergeant devait donc être considéré comme une bénédiction.

Le plus célèbre de ces puits est celui de Zamzam. Situé à l'orient de la Ka?ba, il avait la réputation de n'être jamais à sec. Les pèlerins contemporains vont toujours s'y abreuver. L'eau avait longtemps été vendue par des marchands locaux spécialisés. Le pouvoir séoudien qui considère les pèlerins comme les « hôtes de Dieu », a mis fin à ce trafic ancestral. L'eau de Zamzam est dorénavant gratuite. Elle est dispensée à tout un chacun par une foule de robinets dans un local aménagé qui est mis à la disposition des pèlerins. Ceux-ci ne se privent pas de ramener chez eux de l'eau sainte dans des récipients divers. À l'instar de l'eau de Lourdes, elle est censée avoir des pouvoirs curatifs. Un incident récent a quelque peu mis à mal cette croyance très partagée en milieu musulman. Ramenée d'Arabie par des pèlerins musulmans habitant l'est de la France, l'eau de Zamzam ? probablement mal conditionnée ? fut à l'origine d'une épidémie locale de choléra qui fit plusieurs malades sérieux.

La Ka'ba et ses bétyles

La Ka'ba est souvent désignée comme un temple. C'est en fait un terme totalement impropre. Sous aucun de ses aspects, l'édifice ne ressemble en quoi que ce soit aux lieux de culte antique du Proche Orient, de la Grèce ou de Rome, non plus qu'aux temples indiens ou extrême-orientaux. La Ka'ba s'identifie en arabe par un mot précis, celui de bayt, au sens propre « lieu de nuitée » et donc de résidence. Ce mot s'applique à la tente bédouine ou à la modeste maison de terre des oasis. Mais il s'applique tout autant à la « demeure » d'un protecteur ou d'une protectrice surnaturelle de tribu, en quelque sorte un dieu ou une déesse des anciennes croyances locales. Dans ce dernier cas, le bayt est ce que l'on a coutume de nommer un bétyle, autrement dit une roche sacrée. Celle-ci est alors considérée comme une « demeure » ? bayt en arabe, beth en hébreu ? « de dieu » ? el, dans la plupart des langues sémitiques qui donnera Al-lâh, « Le Dieu » avec valeur de nom propre en arabe.

La roche est ainsi perçue comme le lieu où se tient la puissance protectrice surnaturelle dont l'enfermement semble maximaliser l'efficace pour le groupe humain qu'elle protège et qui réside lui-même dans son environnement immédiat et sur un même territoire. En ce qui concerne les nomades, il arrivait que ces roches sacrées fussent transportées par eux avec mille précautions durant leurs déplacements. Ainsi pouvait-on croire que le Protecteur voyageait en même temps que ses protégés, où qu'ils aillent. Il n'en était nul besoin à La Mecque, cité caravanière, qui servait de base de départ et de retour fixe à ses habitants. Il leur suffisait de solliciter l'appui de leurs protecteurs avant leur départ, probablement par des sacrifices de camélidés, et de lui rendre grâce de la même façon, à l'issue d'un voyage heureux.

La Ka?ba serait donc en fait non le temple que l'on dit, par assimilation abusive à des édifices sacrés complètement différents dans leur disposition et leur fonctionnement, mais simplement un ensemble bétylique.

L'ensemble n'était évidemment pas recouvert comme aujourd'hui du superbe drap noir, brodé de lettres d'or et d'argent qui disent des versets du Coran. Traditionnellement des artisans égyptiens le confectionnent de neuf, année après année, et l'État égyptien l'offre à l'édifice. Il y eut parfois des interruptions dues à des problèmes politiques. Le manteau de la Ka?ba est enlevé chaque année. Il est découpé par la famille mecquoise à qui est dévolue la garde cultuelle de l'édifice. La tradition dit que cette garde est assurée par la même famille depuis l'époque de Mahomet lui-même. Les découpes font l'objet de vente comme reliques.

La Pierre Noire et la Pierre Bienheureuse

Jusqu'à aujourd'hui, en effet deux roches sacrées demeurent incluses dans ses murs. La « Pierre Noire » est maçonnée dans l'angle est, du côté du levant. Il s'agit vraisemblablement d'une roche basaltique ? et non pas une météorite comme on le lit souvent ? comme il s'en trouve en abondance dans cette région de volcanisme éteint. La Pierre Noire a donné l'occasion de dire de nombreuses légendes ? toutes ignorées du Coran ? comme celle qui voit à l'origine une pierre toute blanche descendue du ciel que les péchés des hommes auraient noircie.

La seconde roche sacrée est dénommée la « Pierre Bienheureuse ». Elle est placée dans l'angle sud, du côté du Yémen. Ce pays basaltique du sud ouest de la péninsule, surélevé par rapport au reste de l'Arabie et dont le sommet montagneux dépasse les 3 000 m, a toujours été vu comme une terre de cocagne. Cette perception tient évidemment au fait de sa végétation permanente et de ses eaux pérennes qui sont alimentées, année après année, par les pluies diluviennes de la mousson d'été qui touchent la partie méridionale de son territoire, tournée vers l'océan Indien. Du fait de la présence de sa montagne château d'eau, l'ensemble du territoire yéménite est beaucoup plus propice au développement de réseaux complexes d'irrigation que ce n'est possible partout ailleurs en Arabie ? en dehors de la zone d'Oman ?, du moins lorsque la situation politique le permet. Le Coran fait allusion à cette prospérité immémoriale qui fut enviable, avant que de péricliter par la faute des hommes, en narrant l'épisode mythico-historique des deux « jardins » du peuple de Saba (Cor. 34, 15).»




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